LE RENOUVELLEMENT
DE L’INTELLIGENCE
Dans Ephésiens 4 :20-24 la Bible nous parle du renouvellement de l’intelligence
en ces termes : « Mais vous, ce n’est pas ainsi que vous avez appris
Christ, si du moins vous l’avez entendu, et si, conformément à
la vérité qui est en Jésus, c’est en lui que vous avez
été instruits à vous dépouiller, par rapport
à votre vie passée, du vieil homme qui se corrompt par les
convoitises trompeuses, à être renouvelés dans l’esprit
de votre intelligence, et à revêtir l’homme nouveau, créé
selon Dieu dans une justice et une sainteté que produit la vérité
».
Dans ce passage la Bible semble lier le renouvellement de l’intelligence
au revêtement de l’homme nouveau qui est selon Dieu, par opposition
au vieil homme. Pour bien comprendre cette image, il nous faut d’abord comprendre
à quel niveau de notre être avons-nous à nous débarrasser
du vieil homme pour revêtir cet homme nouveau. 1Thessalonicien 5 :23
nous dit que l’homme est composé du corps, de l’âme et de l’esprit.
- L’esprit c’est l’homme
invisible, immatériel qui est le siège de Dieu en nous. C’est
lui qui était mort à l’occasion du péché d’Adam
et Eve, et c’est lui qui renaît à l’occasion de la foi en Jésus-Christ
en recevant le Saint-Esprit. Le croyant n’a rien à faire à
ce niveau car nous n’y avons aucun contrôle de manière à
nous revêtir de quoi que ce soit. Certes il s’y passe des changements
lorsque nous devenons chrétiens, mais c’est Dieu Seul qui y agit.
La Bible n’avait donc pas à nous demander de nous y renouveler, toute
action à y accomplir étant du domaine exclusif de Dieu.
- Le corps qui est
notre enveloppe extérieur pourrait bien être ce qui est désigné
dans ce passage biblique. Mais jamais nous n’avons vu un croyant quelconque,
quelle que soit la nature de sa foi, se métamorphoser. Personne n’a
pu changer ni forme, ni couleur du fait de sa foi.
- Ce texte de la Bible
ne peut désigner que l’âme (que nous appelons communément
cœur ) pour plus d’une raison :
1. Parce qu’on y parle de l’intelligence ;
celle-ci étant du domaine de l’âme.
2. Il n’y a que l’âme qui peut être
séduite par des convoitises trompeuses.
3. La responsabilité de nos actes, le
domaine de notre personnalité, relève de notre âme.
Voici sommairement quelle est l’organisation ainsi que la mission de notre
âme :
Le corps étant fait de la poussière de ce monde, il ne se plaît
que des choses du monde. Quant à l’esprit qui est de Dieu, il ne se
plait que des choses de Dieu. La cohabitation des deux fait qu’aucun consensus
n’est possible de manière à imprimer un comportement quelconque
à l’être humain. C’est pourquoi, lorsque le corps fut associé
au souffle de Dieu (l’esprit : l’homme à l’image et selon la ressemblance
de Dieu –Genèse 1 :26-), de cette association des deux sortit un troisième
élément qui est l’âme (Genèse 2 :7) afin de jouer
le rôle d’arbitre. Pour pouvoir arbitrer les impulsions du corps et
de l’esprit, et décider de l’orientation à prendre, l’âme
fut équipée de la pensée, de la mémoire, de la
réflexion et de la volonté. C’est l’ensemble de ses fonctions
qui constitue ce qu’on appelle « intelligence ».
Tout ce que perçoivent les 5 sens du corps humain atterrit en nous
par la pensée. La mémoire quant à elle, enregistre les
leçons qui en découlent de manière à s’en servir
plus tard. Lorsqu’une situation s’affiche dans notre pensée, la mémoire
scrute en elle tout souvenir identique qu’elle ramène à la
pensée, le juxtaposant à la situation en présence. Dès
lors c’est la réflexion s’engage pour analyser la situation présente
au regard de l’expérience passée. La conclusion de la réflexion
est prise en charge par la volonté qui engage les moyens d’actions
appropriés.
Du fait de ce rôle, tout acte qu’un humain peut poser est le résultat
de l’état des connaissances dont il dispose dans sa mémoire.
Car à moins d’être un fou, personne n’agit avant de réfléchir,
et pour réfléchir toute personne a besoin d’un model de référence,
c’est-à-dire une expérience antérieure ; donc d’une
connaissance. Lorsqu’on ne dispose d’aucune connaissance relative au cas
en présence, toute personne sensée se réfère
à la mémoire extérieure afin de pouvoir décider
de l’attitude à adopter au mieux de ses intérêts.
Cela étant ainsi, lorsque nous devenons chrétiens, nous sommes
pleins de connaissances emmagasinées sur la base des expériences
relatives aux réalités que nous avons déjà vécues
dans ce monde. La logique de notre intelligence est donc celle du monde et,
en conséquence, toutes nos réactions sont conformes à
la logique du monde. Personne, en effet, ne peut manifester un comportement
différent de la logique des expériences qu’il a emmagasinées
en lui. Nous ne sommes que le produit de l’environnement où nous avons
vécu. C’est pourquoi la Bible déclare : « … C’est de
l’abondance du cœur que la bouche parle. L’homme bon tire de bonnes choses
de son bon trésor, et l’homme méchant tire de mauvaises choses
de son mauvais trésor » (Matthieu 12 : 34-35). Ce trésor
d’où nous tirons nos actes c’est bien l’ensemble de connaissances
que nous considérons comme précieuses pour notre existence,
car c’est à elles que nous nous référons pour toute
décision à prendre. Si ces connaissances sont erronées,
tout ce que nous ferons sera erroné. Si elles sont bonnes, tout ce
que nous ferons sera bon. C’est aussi pourquoi le Seigneur Jésus avait
déclaré aux juifs, dans Matthieu 6 :23, que si ce qu’ils considèrent
comme lumière est ténèbres, combien seront grandes ces
ténèbres !
Nous avons donc le devoir, en tant que chrétiens, pour que tout ce
que nous ferons soit conforme à la volonté de Dieu, de remplacer
nos vieilles connaissances du monde par ce que dit la Bible afin que, dans
des circonstances appropriées, nous puissions agir selon Dieu. Et
c’est cela le renouvellement de l’intelligence. Sans cela, notre comportement
ne reflètera en rien notre qualité de chrétien. Notre
intelligence est donc comme une citadelle convoitée tant par le Saint-Esprit
que par l’ennemi qui est Satan. Car c’est celui occupe notre pensée
qui détermine notre comportement. C’est pour cela que Satan envahit
le monde entier par des scènes de violence, des images pornographiques
et autres convoitises afin que nos pensées soient dominées
par des violences et par des convoitises charnelles. C’est pourquoi aussi,
ses serviteurs sont en général des instigateurs des disputes,
des divisions et ne se privent d’aucune occasion pour troubler les cœurs
des enfants de Dieu. Car alors, si nos cœurs sont dominés par le chagrin,
la colère, l’animosité, la haine ou par des convoitises quelconques,
le Saint-Esprit se retire et nous devenons la proie facile. C’est pendant
des tels moments que plusieurs chrétiens, jadis fermes dans leur foi,
deviennent compromettants avec le péché ! Ce n’est donc sans
raison que la Bible nous demande d’être toujours dans la Paix et de
nous réjouir toujours (Philippiens 4 :4, Luc 24 :36, Jean 14 :27,
Romains 12 :18, Romains 14 :19, 1Corrinthiens 14 :33). S’efforcer à
garder la paix et la joie dans son cœur en dépit des circonstances
extérieures, voilà le vrai combat de la foi, le vrai combat
spirituel. Le vainqueur n’est pas forcément celui qui, jour et nuit,
envoie le feu dans le camp du diable et qui jeûne plus longtemps alors
qu’en même temps il est à couteau tiré avec son entourage
et se laisse emporter dans des convoitises de ce monde.
C’est pourquoi, être un bon chrétien ne dépend ni du
nombre d’années qu’on a dans la foi, ni du rang qu’on occupe dans
l’église, mais de l’effort que chacun fournit pour tenir sa pensée
à la disposition du Saint-Esprit, lequel est le seul capable de renouveler
notre intelligence. Si « renouvellement » insinue le remplacement,
il est cependant une tâche lourde sinon impossible à l’homme,
quelle que soit sa foi, de réussir de lui-même à collecter
toutes les connaissances de la Parole de Dieu pour les garder en son cœur
(mémoire) pour pouvoir s’en servir lorsqu’elles sont requises. Par
contre, si l’on a le Saint-Esprit comme compagnon dans notre cœur, Lui fera
cette tâche aisément pour nous. C’est pourquoi Il est notre
aide, notre assistant. Mais pour cela il doit être associé à
notre vie. En effet, nous vivons dans notre cœur (notre âme). C’est
là que nous sommes conscients de notre existence et que nous décidons
de tout ce que nous devons faire ou ne pas faire. Lorsque nous devenons chrétiens
par la foi en Jésus-Christ mort pour nos péchés, certes
nous recevons à l’instant le Saint-Esprit mais Il reste encore cantonné
dans notre esprit jusque là mort. Si la Bible parle alors de la deuxième
naissance c’est dans notre esprit grâce au Saint-Esprit. A ce stade
nous ne ressentons encore rien de notre nouvelle vie jusqu’à ce que
le Saint-Esprit parvienne à se déverser dans notre cœur. Pour
qu’il en soit ainsi, nous devons lui faire de la place en gardant notre cœur
dégagé de l’ambiance du monde. La lecture de la suite de notre
texte de base (Ephésiens 4 :20-24) est très éloquent
à ce sujet. En effet, après que le verset 24 nous ait parlé
du revêtement de l’homme nouveau créé selon Dieu, le
verset 25 enchaine en commençant par « c’est pourquoi »
pour nous demander de renoncer au mensonge, à la colère, au
vol, aux paroles mauvaises, à l’amertume, à l’animosité,
à la clameur, à la calomnie et à toute espèce
de méchanceté, à la débauche, à l’impureté,
à la cupidité, aux paroles grossières et aux propos
insensés ou équivoques (Ephésiens 4 : 25-32, 5 :1-4).
Renoncer à ces choses, ce n’est là que le seul effort exigé
de nous pour parvenir au renouvellement de notre intelligence (nos connaissances)
car alors, cela donnera accès au Saint-Esprit dans nos cœurs.
L’avantage de cela c’est que, du fait de sa présence dans notre cœur
(pensée), c’est avec Lui que nous traitons tout ce qui nous parvient
ou que nous faisons. Si nous lisons la Bible, à mesure que nous nous
mettons à méditer ce que nous lisons le Saint-Esprit nous viendra
en appui. Que nous nous mettions à méditer sur quoi que ce
soit, le Saint-Esprit nous viendra en appui de sorte que nous nous rendrons
bien compte que nous ne sommes pas seul. Il va s’engager un dialogue permanent
entre nous et le Saint-Esprit, ce qui fera notre joie. C’est de cette manière
qu’on est rempli du Saint-Esprit. Et alors, Il sera entrain de nous conduire
dans toute la vérité selon qu’il est écrit dans Jean
16 :13.
On peut se faire un lecteur assidu de la Bible ou un auditeur très
attentif des sermons les meilleurs qui soient, si le Saint-Esprit n’est pas
notre compagnon dans notre cœur, cela ne nous servira à rien. Au contraire,
nous allons interpréter cela erronément, suivant la logique
de notre pré-requis (logique du monde). Si aujourd’hui la chrétienté
semble en contradiction au point que la même Bible est interprétée
différemment suivant les enseignants, c’est parce que nombreux la
lisent sans l’appui du Saint-Esprit. Aussi, sur base de la même Bible
certains appuient la polygamie pendant que d’autres la rejettent sur la base
de la même Bible. D’autres bénissent des mariages homosexuels
pendant que d’autres considèrent l’homosexualité comme de l’abomination,
sur la foi de la même Bible. Cela rejoins ce que disait l’apôtre
Paul en 2Corrinthiens 3 :14-18 disant, parlant des juifs qui ne se convertissaient
pas au christianisme, qu’ils ne comprenaient pas la profondeur des textes
de Moïse parce qu’un voile était jeté sur leur cœur pendant
qu’ils lisaient car c’est en se convertissant au Seigneur que ce voile est
ôté.
J’insiste pour dire qu’on peut être chrétien doté du
Saint-Esprit mais ne pas être en relation avec Lui, de même qu’on
peut ne pas être momentanément en relation avec son père
tout en étant cependant son fils. Celui qui peut renouveler nos cœurs
par les connaissances de Dieu c’est le Saint-Esprit, pour autant qu’Il y
soit présent. C’est le Saint-Esprit qui le nouveau revêtement
dont nous devons nous parer afin de pouvoir croître de grâce
en grâce dans la connaissance de Dieu. Et pour cela, c’est la vie de
sanctification qui est requise et non des études théologiques.
Il est malheureux de constater que certains licenciés en théologie
et même des docteurs en Bible, mènent une vie de compromission
au point qu’il n’est pas facile de les distinguer des gens du monde. La raison
c’est que la plus grande et véritable théologie c’est le fait
d’avoir le Saint-Esprit pour compagnon de vie dans le cœur. Et cela est rendu
possible par la crainte du péché. Celui qui craint le péché,
voilà celui qui craint l’Eternel et voilà celui qui reçoit
la sagesse grâce à la présence du Saint-Esprit dans son
cœur. C’est pourquoi il est écrit : « La crainte de l’Eternel
est le commencement de la sagesse ; tous ceux qui l’observent ont une raison
saine » (Psaumes 111 :10). Et avoir une raison saine, c’est cela avoir
une intelligence renouvelée.
Que notre Seigneur Jésus-Christ vous bénisse !
Pasteur Joseph KITENGE